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TAPISSERIE D'AMEUBLEMENT ET DECORS INTERIEURS

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LOUIS XII/ LOUIS XIV
LOUIS XIII (1598-1661)
LES SIEGES
Les sièges et fauteuils rendus plus confortables grâce à la garniture, étaient recouverts de cuir gaufré fixé par des clous à tête bombée, juxtaposés, ou de tapisserie ou de tissus. Les piétements et entretoises étaient en H tournés comme pour les tables. 3 moments de l'évolution du style: de la chaise à bras des années 1640, montants et traverses n'ont d'autres décors que leur tournage en chapelet; l'accotoir ni son support ne se distingue de l'ensemble. A la fin du règne de Louis XIII le siège s'enrichit: le tournage se fait de préférence en spirale, à la manière espagnole. L'ornementation se manifeste à la fois à la sculpture des boutons des sommets des montants du dossier, et par celle des supports d'accotoirs, qui figure un buste féminin, parfois un personnage sur pied. Vers 1670, l'accotoir prend un caractère nouveau: il s'incurve doucement en quittant le montant du dossier pour s'achever en une crosse de feuillage. L'escabelle est constituée par un panneau carré supporté par 4 pieds obliques: elle n'a ni dossier, ni accotoir. Elle est plus haute que les autres petits sièges mobiles.
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LES ARMOIRES
L'armoire et l'armoire deux corps étaient les modèles les plus populaires de ce style. Ils ont été mis à la mode par la bourgeoisie. L'armoire monumentale repose sur des pieds boules aplaties. Elle ouvre à 2 portes compartimentées avec motifs en fort relief de pointes de diamant ou de moulures circulaires en gâteaux. 2 tiroirs peuvent coulisser à la base. La corniche est lourde et à plusieurs moulures.
LES LITS
Le lit à baldaquin est un meuble de grand prix, une pièce monumentale et ornementale toujours placé dans un angle de la chambre. La chambre est la pièce de la maison où on vit le plus, elle est le cadre privilégié de la société de l'époque: on y reçoit, on y dîne, on y bavarde, on y joue, on y dort. La conversation se pratique dans l'espace laissé entre le lit et le mur que l'on appelle la ruelle. La structure du lit est faite de 4 piliers en bois tournés soutenant un ciel qui se prolonge par 4 vases dits pommes avec ornements de bouquets de plumes ou par des flammes en bois ou en passementeries et en tissu. Le lit est garni de la même étoffe que celle de la tenture murale, des sièges et du tapis de table. Les étoffes sont composées de bandes de velours de Gêne alternant avec des applications de soie brodée d'or et d'argent, de damas sombres surbrodés de larges bandes d'or, ou encore de velours chamarré de grandes dentelles d'or et d'argent. Le lit était cependant toujours démontable, prévu pour être rangé dans de grandes malles en cuir lors des déplacements. Bien qu'imposants, ces lits Louis XIII sont plutôt courts car l'on ne dormait jamais allongé mais assis.
LES TABLES
La table est en bois massif et rappelle celle de la Renaissance. Le tournage des pieds et parfois l'entretoise les caractérise: tournage torse, en balustre, en chapelet. Dans les masses prismatiques des pieds, dont les angles sont abattus, sont creusés les mortaises ou les trous de tourillons. L'entretoise est rectangulaire ou en H, rarement en fourche. La traverse centrale de l'entretoise est parfois ornée en son centre d'une sculpture de vase ou de toupie.
LE CABINET
Généralement en ébène, il est posé sur le piétement et fermé par 2 vantaux richement sculptés de bas-reliefs inspirés de l'histoire antique, encadrés par des moulures ondées. Des statuettes peuvent être sculptées sur les côtés de chaque vantail. Une fois ouvert le cabinet découvre une rangée de tiroirs qui encadrent une niche, appelée le caisson. Plus qu'une réduction architecturale de façade de palais, le cabinet français évoque une véritable scène de théâtre avec son avant-scène, son fond de scène, son coté cour, son coté jardin, ses planches et même ses cintres. Ce meuble de très grand luxe, que seuls quelques aristocrates pouvaient se permettre d'acquérir n'avait aucune autre utilité que de ranger des objets précieux de collection.
LES TECHNIQUES ET LES MATERIAUX
Il existe plusieurs techniques selon la catégorie de meuble envisagé: -les cabinets (exécutés en placage d'ébène) -les meubles surtout constitués de parties tournées et décorées de panneaux géométriques -les meubles en bois massifs et sculptés. L'utilisation de l'ébène devient considérable au XVII siècle, surtout dans la fabrication des cabinets, meubles à deux corps dont la partie supérieure se développant en largeur est supportée par des colonnettes. L'ébène venait d'Amérique: bois triste d'aspect, il était collé sur un bâti de bois ordinaire et sans saillie. Il était ensuite sculpté en bas-relief. Les procédés de fabrication sont donc complètement modifiés, et un nouvel art, l'ébénisterie prend désormais une place importante dans l'histoire du mobilier. Certains meubles en ébène sont ornés de marqueterie de cuivre, d'écaille, d'étain, premiers modèles d'un procédé pratiqué sous Louis XIV par l'ébéniste André Boulle. Les garnitures fixes sont en cuir frappé, à gros clous, ou en tapisserie à l'aiguille.
LES ELEMENTS DE DECORATION
Feuilles d'acanthe, Branches de palmier et de laurier croisée, Guirlande de draperie, Chutes, Cartouches (gros haricot), Pointes de diamant.
LOUIS XIV (1661-1715)
LES SIEGES
La chaise à usage ou chaise à dos était réservée aux seigneurs et aux princes de sang uniquement. Le piétement os de mouton est en bois ciré tourné en forme de console dont la forme et la texture brillante évoquent un os de mouton. Il commence à apparaître à partir des années 1700. La ceinture est formée de 2 pièces de bois tourné en os de mouton et disposé en accolade. Il arrive très fréquemment quelle soit simplement droite. Aux courbes qui apparaissent dans le piétement en os de mouton répondent à partir de 1700, des courbes dans le haut du dossier; c'est l'endroit où on avait coutume de poser les coudes, d'où son nom d'accoudoir, souvent confondu avec accotoir. Le fauteuil à dossier cintré: l'assise s'agrandit, le dossier s'incline et devient plus haut que large. La forme du piétement s'incurve dabord en os de mouton, puis en fût carré s'amincissant vers le bas en pied en gaines. Les pieds sont reliés par des traverses diagonales en X ou par une entretoise en H. Des sculptures dorées à la feuille recouvrent les pieds et les traverses. Les pieds se terminent souvent en griffes de lion ou en feuilles d'acanthe. Les accotoirs sinueux se terminent en crosses sculptées de feuilles d'acanthe. La partie centrale de l'accotoir est quelque fois rembourrée. Après 1700, les dossiers cintrés vont faire leur apparition et les pieds se transforment en pieds en consoles ou pieds en volutes. A la même époque, un nouveau modèle fait son apparition: le fauteuil en confessionnal, ainsi appelée à cause de ses 2 oreillettes latérales destinées à protéger des courants d'air. Tous les sièges de cour sont en velours de Gênes, de brocarts, de satin ou de damas. Les sièges bourgeois sont recouverts de tapisserie à motifs de rinceaux et de fleurs ou à motifs de chevrons. Les placets, petits sièges employés du Moyen-âge au XVIII siècle sont en bois sculpté et doré. Ce sont des petits sièges bas à 4 pieds tournés renforcés par un entrejambe en H. Les ployants sont de petits sièges pliants sur un axe d'acier; ils sont en bois sculpté et doré.
LES ARMOIRES
Les armoires sont grandes d'aspect rectangulaire et de belles proportions. La corniche est le plus souvent saillante, horizontale, toutefois à la fin du style, elle adopte une forme cintrée caractéristique. Apparition de l'armoire à livre ou bibliothèque.
LES LITS
Les lits sont de grandes dimensions et complètement recouvert d'étoffes. Les variétés viennent de la disposition du dais ou baldaquin et à la façon de répartir les courtines ou rideaux. Le lit de jour en hêtre sculpté et doré, où les dames recevaient leurs visiteurs à demi étendues, était à chevet unique, plus ou moins élevé, à couche basse, portée par 3 ou 4 couples de pieds reliés par des croisillons; ce grand siège que garnissait un matelas et un '' rondin '' ; fera place peu à peu à la chaise longue.
LES COMMODES
au début du règne de Louis XIV, c'est un coffre surélevé à 2 ou 3 tiroirs que l'on appellera successivement table en bureau, puis bureau en commode, avant de lui donner son appellation définitive de commode. La commode classique est rectangulaire avec des pieds courts. La façade est plate, les angles arrondis et les côtés droits; 3 ou 4 tiroirs coulissent en façade, ils sont munis de poignées de bronze. Le meuble est soit en bois ciré, soit marqueté de bois précieux, soit verni à la façon de Chine. La commode Boulle se caractérise par ses décors somptueux sur champs d'ébène ou par ses marqueteries en écaille et cuivre rehaussées de masques en bronze doré et de mascarons. Les lignes peuvent être très sobre ou au contraire très complexe.
LA CONSOLE DE MILIEU
sous louis XIV, la table à repas est encore, selon l'usage médiéval, dressée sur de simples tréteaux. Les tables ont donc une utilité ornementale. On y pose des objets de collection, d'exposition et on les dispose au centre d'une pièce (console de milieu), ou contre un mur (console d'applique). 2 types de tables coexistent: celles en noyer ciré à plateau rectangulaire avec un tiroir à la ceinture, fabriquées pour les demeures bourgeoises, et celles, en hêtre ou chêne, abondamment sculptées et qui sont destinées aux demeures aristocratiques. Dans ces dernières les pieds en gaine ou en console sculptés en bois doré supportent un plateau de marbre ou en marqueterie de pierres dures. Les consoles d'appliques n'ont en général que 2 pieds en S. la richesse de leur ornementation est considérable. Les pieds lorsqu'ils sont hauts adoptent les formes en gaine : sans saillie, ni moulures, la décoration en marqueterie peut ainsi descendre jusqu'à la base.
LE BUREAU MAZARIN
c'est du tapis de bure qui recouvrait les tables à écrire au XVII siècle que le mot bureau est issu. Bureau composé de 8 pieds en gaine reliés 4 par 4 par des entretoises supportant 2 caissons de 3 tiroirs et d'une petite armoire centrale en retrait, elle-même surmontée d'un tiroir. Les 2 séries de 4 pieds sont rehaussées à la partie supérieure de motifs de bronze doré. Quelquefois le plateau est entouré d'un lingot mouluré en bronze doré ou divisé en 2 parties dont l'une se relève, le bureau est alors dit au dessus brisé.
LES TECHNIQUES ET LES MATERIAUX
Meubles Boulle: le bâti est d'ordinaire en bois de sapin. Sur ce bâti est appliqué la marqueterie. Une feuille d'étain et une feuille de cuivre étant superposées, Boulle découpait le tout à la scie suivant le contour des motifs; une fois l'opération effectuée, les deux feuilles étaient séparées; il avait ainsi deux combinaisons; sur l'une, le fond était constitué par l'écaille et les ornements par le cuivre; sur l'autre, le fond était de cuivre et les ornements d'écaille. Avec ce procédé l'ébéniste pouvait faire deux meubles: l'un étant en quelque sorte la contrepartie ornementale de l'autre. La corne, la nacre, l'ivoire et l'os constituent des matériaux nouveaux, dont les ébénistes multiplient et combinent les effets en de savantes incrustations. Dans les dernières années du règne de Louis XIV commencent à se répandre une nouvelle technique qui connaitra son plein essor sous louis XV: la marqueterie. Les éléments du décor sont juxtaposés à plat et fixés par collage sur la carcasse servant de support.
LES ELEMENTS DE DECORATION
Lignes droites sans raideur et adoucies par des guirlandes de feuillage. Feuilles d'acanthe; Lambrequin; Quadrillage à fleurette; Fleurons; Mufles de lion; Têtes de bélier; dauphins; griffons; Masques barbus ou féminins, ornés de collerettes, parfois auréolés de rayons disposés en palmettes ou '' queues de paon '' . Les symboles guerriers ou mythologiques sont accompagnés de couronnes, de soleils, de cornes d'abondance, de guirlandes de feuillages, de festons, de rinceaux, et autres éléments végétaux élégamment stylisés.
Article crée: 2008-03-17 -- Il a été lu 10 fois
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